Comment la Banque de France aide les start-up
Interview
Start-up attitude

Comment la Banque de France aide les start-up

Dans le réseau local et corporate qui soutient le développement des start-up en France, les accélérateurs et incubateurs sont largement connus, mais d’autres établissements œuvrent également au succès de cet écosystème. Depuis 2020, la Banque de France accompagne les start-up à travers un réseau de 18 correspondants sur tout le territoire.

Zoom sur ses actions en faveur de l’entrepreneuriat avec Maurice Oms, correspondant national start-up et French Tech pour cette institution incontournable.

French IoT : Avant d’évoquer les start-up, pouvez-vous nous dire quel est le rôle de la Banque de France ?

Maurice Oms : La Banque de France a trois missions : la stabilité des prix, la stratégie monétaire et le service à l’économie. Sur ce dernier point, la Direction Générale des Services à l’Economie et du Réseau (DGSER) déploie des services aux particuliers et aux entreprises.

Pour les particuliers, cela va de la gestion du surendettement des ménages, à la production de billets, en passant par la sensibilisation du grand public aux questions financières. Pour les entreprises, nous établissons, par exemple, la cotation de plus de 300 000 établissements sur tout le territoire.

>>> Lire aussi : Les clés du cash-flow management

Fr.IoT : Pourquoi la Banque de France a-t-elle créé des correspondants start-up ?

M.O. : Il y a bien longtemps que nous disposons de succursales dans chaque département français, même si peu de gens sont au courant des services que nous pouvons leur apporter. En 2016, nous avons donc réfléchi à la meilleure manière de faire profiter les entrepreneurs de notre réseau et de notre expertise sur le territoire. Cela correspondait aussi à un changement de gouvernance de l’institution et à une volonté de s’ouvrir, en créant des correspondants TPE.

Le dispositif s’est progressivement ouvert aux PME, puis aux ETI, en 2019. Il ne manquait plus que les start-up, pour lesquelles nous avons créé ce service et déployé 18 correspondants en 2020.

« Deux types d’accompagnement »

Fr.IoT : Que proposez-vous aux jeunes pousses de la Tech ?

M.O. : Les start-up ont des manières assez différentes de fonctionner par rapport à d’autres établissements de la même taille, mais aussi entre elles. Si certains se financent en dette et d’autres en capitaux, leur vraie spécificité tient à leur mode de croissance. Nous proposons donc deux types d’offre pour les accompagner dans leur recherche de solutions de développement.

Pour les « scale up », qui sont déjà à un stade de maturation avancé, nous établissons une cotation spéciale qui prend en compte les caractéristiques de leur écosystème. Pour les plus jeunes, nous les conseillons sur les pistes à explorer pour bénéficier du bon financement, au bon moment.

Fr.IoT : En quoi la Banque de France peut leur être utile ?

M.O. : Nous ne nous substituons ni aux accélérateurs, ni aux incubateurs, qui font déjà un très bon travail. Nous ne finançons pas non plus les entreprises, mais nous pouvons les faire bénéficier de notre vision à 360 de l’économie, de notre savoir-faire et de notre connaissance précise du réseau de partenaires à solliciter.

Ceux qui nous consultent en sont d’ailleurs conscients : ils veulent savoir comment s’adresser à des banques qui ne comprennent pas toujours leurs problématiques, trouver le bon interlocuteur pour débloquer un dossier, savoir comment obtenir un prêt garanti par l’État (PGE), particulièrement important dans cette période de crise et pour lequel une cotation est nécessaire. Et, en se tournant vers nous, les start-up bénéficient des bons outils pour accélérer leur développement.

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