Fifty démocratise le e-doing, la formation professionnelle par micro-actions
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Fifty démocratise le e-doing, la formation professionnelle par micro-actions

Selon Beroe Inc, le marché de la formation professionnelle devrait atteindre 402 milliards de dollars en 2025. Un marché boosté par les investissements massifs des entreprises pour fidéliser leurs salariés, accélérer leur Transformation et gagner en performance. Mais dans la réalité, seuls 12% de ces formations sont effectivement mis en pratique (Harvard Business Review).

Pour combler ce fossé, Fifty, start-up French IoT accélérée en 2020, conçoit une plateforme qui associe techniques de sciences comportementales et intelligence artificielle qui suggère des « micro-actions » à réaliser par les salariés. C’est ce que l’on appelle le e-doing.

Une nouvelle manière d’appréhender la formation professionnelle très prometteuse, à tel point que Fifty annonce en juillet 2022 une seconde levée de fonds de 10 millions de dollars !

Lumière sur cette pépite qui n’a pas fini de faire parler d’elle.

? Le déclic

Jamais Alexia Cordier n’aurait pensé devenir entrepreneure. Et pourtant !

Après un parcours classique, prépa, école de commerce, stage puis embauche chez Procter & Gamble, elle se passionne pour son job en marketing au sein d’un grand groupe.

Au bout de quelques années, elle commence toutefois à sentir une frustration suite à ses participations aux séminaires. « Je suivais des interventions passionnantes, je prenais beaucoup de notes, mais une fois retournée au bureau je n’en faisais rien », explique Alexia. « C’est plus tard que j’ai appris que cela s’intitule l’intention-action gap, et que des techniques de sciences comportementales permettent d’accompagner non pas le savoir, mais l’action ».

Tout ceci Alexia le découvre lorsqu’elle se plonge dans les travaux de Richard Thaler, Prix Nobel d’économie comportementale, et plus particulièrement sur sa théorie du Nudge : des suggestions indirectes qui peuvent, sans forcer, influencer les motivations et inciter à la prise de décision.

En 2018, Alexia quitte son emploi et se lance dans l’aventure de l’entrepreneuriat avec Clément Lavollé et Jérémy Salmon, respectivement CTO et Directeur des ventes. Ensemble ils fondent Fifty et conçoivent la première plateforme qui associe les techniques de Nudge et l’intelligence artificielle pour proposer des micro-actions aux salariés, et transformer durablement les entreprises.

Un an plus tard Fifty réalise sa première levée de fonds d’1 million d’euros qui propulse la start-up.

? Stop talking start doing ! La formation professionnelle par micro-actions

Concrètement, Fifty met à disposition des contenus sur le management, l’agilité des équipes, les soft skills ou encore l’incarnation des valeurs d’entreprise telles que l’inclusion. Les entreprises clientes peuvent également personnaliser ou alimenter leur propre contenu dans la plateforme via l’interface d’administration.

Côté salarié, la plateforme recommande des micro-actions réalisables dans leur quotidien professionnel pour atteindre leur objectif de montée en compétence, et s’intègre dans les outils déjà utilisés par les entreprises : Microsoft Teams, agendas Outlook/Google, SMS …

Les collaborateurs peuvent alors mesurer ce qu’ils réussissent à instaurer ou non, de manière entièrement confidentielle.

« Une micro-action peut être par exemple « Proposez à vos collaborateurs de mener la réunion d’équipe à tour de rôle” (pour mieux déléguer), ou « Ce matin, créez votre To don’t list” (pour mieux prioriser) », explique Alexia.

Aujourd’hui, la solution Fifty est utilisée par 50% des entreprises du CAC 40, par des sociétés publiques comme La Poste, Docaposte et La Banque Postale, ou encore par des scale-up comme Mano Mano.

? Et la suite ?

Fifty a annoncé en juillet 2022 une nouvelle levée de fonds de 10 millions de dollars réalisée auprès d’investisseurs de premier plan, français et internationaux : Eurazeo en France, Signals en Allemagne et Acadian (spécialiste du Future of Work) aux États-Unis. Ils rejoignent les investisseurs du premier tour que sont Xavier Niel (Kima Ventures), Olivier Sibony et Steve Fiehl (CrossKnowedge).

« Les objectifs de cette levée sont multiples », souligne Alexia. « Nous allons tripler nos effectifs pour passer de 15 salariés à une cinquantaine, autant sur des postes produit et développement informatique, que sur des fonctions commerciales ».

De plus, actuellement leader du e-doing en France avec 40% de ses utilisateurs à l’étranger – via les filiales des entreprises internationales clientes – et des contenus disponibles en 5 langues (français, anglais, allemand, espagnol et portugais), Fifty compte accélérer son développement à l’international. Deux pays sont visés en priorité : l’Allemagne et le Royaume Unis, grâce notamment à l’appui du fonds allemand.

Des améliorations significatives sont également prévues au niveau du produit. D’une part au niveau de la technologie embarquée dans la solution, avec notamment un renforcement de la personnalisation des contenus via l’IA. Et d’autre part, pour renforcer l’intégration dans les outils existants.

« En nous connectant aux SI des entreprises, nous pouvons pousser automatiquement du contenu pertinent aux plans de carrière des collaborateurs. Par exemple, 30 jours de micro-actions pour accompagner un salarié qui devient manager », conclu Alexia.

Autant de perspectives qui promettent de faire passer Fifty du statut de start-up au rang de scale-up avec un rayonnement européen. Toujours avec cette vision : aider les entreprises à changer durablement les comportements sur les enjeux de management, soft skills ou encore sur les nouveaux modes de travail.

Et vous ? Prêt.e à passer au e-doing ? ?

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