Comment et pourquoi devenir une start-up Numérique Responsable
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Comment et pourquoi devenir une start-up Numérique Responsable

Une start-up moderne peut-elle se passer d’être Numérique Responsable ? Loin d’être un gadget esthétique, cette démarche accessible, parfaitement adaptée aux jeunes pousses et pleine de ressources est à placer au cœur et à la base de votre stratégie d’entreprise. Un label et un référentiel pavent la voie : explorons-la ensemble.

On vous entend d’ici : « le Numérique Responsable ? C’est bien, mais ça concerne surtout les grosses boîtes. Entre ma recherche d’investisseurs, mon recrutement et mes problèmes de matériel, ce n’est vraiment pas la priorité de ma start-up. » Et si on vous disait que le Numérique Responsable n’était pas un poids supplémentaire, mais au contraire une opportunité pour faciliter la réussite de votre entreprise, un apport d’huile (écologique !) dans les rouages de votre organisation ? Une start-up est d’ailleurs son terreau idéal, puisque cette graine sera d’autant plus fructueuse qu’elle sera plantée tôt dans les rouages de l’organisation. Accessible à toutes les entreprises (oui, même la vôtre), le Numérique Responsable n’est pas un simple gadget, c’est une démarche globale, une nouvelle philosophie que vous allez adorer. Parce qu’elle structure et accompagne la croissance de votre start-up, et qu’elle pourrait vous faire faire des économies, vous donner de l’inspiration et vous maintenir à la pointe de l’innovation.

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Réduire son impact numérique est un travail de tous les jours. C’est pourquoi un label existe pour vous donner les outils nécessaires et récompenser votre démarche. Il porte bien son nom – le « label Numérique Responsable » – et peut, que vous le briguiez ou non, fortement contribuer à faire de votre start-up, une entreprise de son époque. Mis en place par l’Institut du Numérique Responsable et l’agence LUCIE, il comporte deux niveaux, de plus en plus exigeants. Le premier est à renouveler tous les 2 ans, le second tous les 3 ans. Vous nous suivez ? On vous accompagne :

Première étape : la profession de foi

Commençons par clarifier les choses : le label Numérique Responsable ne concerne pas ce que votre start-up produit mais son organisation – pour vos produits, une multitude de normes, de certifications et de labels existent. Ici, il s’agit du fonctionnement même de votre organisation : de sa philosophie, de son engagement et des actes qui en découlent.

La première étape est une forme de profession de foi. Vous devez littéralement intégrer votre politique « Numérique Responsable » à la stratégie de votre organisation. C’est mettre des mots sur votre volonté de réduire votre impact numérique. Cela consiste à :

  • Identifier les principaux enjeux sociaux et environnementaux propres à votre organisation
  • Rédiger une charte « Numérique Responsable » résumant les engagements en la matière de la direction de l’entreprise. Pour vous aider à y voir plus clair, l’Institut du Numérique Responsable (INR) a mis en ligne une charte type dont vous pouvez vous inspirer et qu’il vous propose de signer.
  • Définir un plan d’action concret
  • Identifier et mettre en place des indicateurs pour permettre de mesurer l’efficacité des actions que vous allez mettre en place

Deuxième étape : la mise en place

Maintenant que vous avez votre plan d’attaque, il est temps de passer… à l’attaque. Le site du Label Numérique Responsable parle du « déploiement » et de « l’animation » de votre politique NR. Cela passe par :

  • La désignation d’un ou de plusieurs référents internes responsables de cette politique : les responsables de votre politique RSE sont peut-être tout indiqués ?
  • Communiquer « en toute transparence », précise la mission interministérielle sur le Numérique écoresponsable, auprès de vos employés sur votre plan d’action et sur les moyens de mesurer sa progression
  • Mettre l’accent sur l’éco-conception de vos services numériques et la sensibilisation de vos clients. Une section spécifique à l’activité d’ESN est d’ailleurs prévue par le référentiel Numérique Responsable.
  • Sensibiliser vos collaborateurs et intégrer le Numérique Responsable à votre programme de formation d’entreprise
  • Relayer des informations, en interne, sur l’actualité du Numérique Responsable et faire ainsi émerger de premières bonnes pratiques parmi vos employés. N’oubliez pas le télétravail qui génère ses propres travers (spoiler alert : couper sa caméra peut contribuer à réduire votre impact !)
  • Développer des supports de communication et, pourquoi pas, des événements pour mettre en valeur vos actions « afin de sensibiliser » les acteurs externes 

Du Numérique Responsable au responsable numérique

Mais être « Numérique Responsable », c’est aussi être un utilisateur éclairé. Et là, la responsabilité est transversale. Tous les acteurs de votre start-up sont concernés. Heureusement, vous avez mis en place des formations, fait circuler de l’information à ce sujet et établi des objectifs individuels et collectifs à atteindre.

L’Agence parisienne du climat liste par exemple « 20 éco-gestes » à adopter. Parmi eux, des conseils pour surfer responsable :

  • Enregistrer dans ses favoris les sites les plus fréquemment utilisés pour limiter les recherches
  • Utiliser un navigateur moins énergivore qu’un autre
  • Limiter les visionnages de vidéos en HD, ne pas activer sa caméra lors de visio

Mais aussi pour mieux contrôler votre activité préférée : oui, vous avez deviné, l’envoi de mails ! Certains détails aggravent lourdement notre impact : les pièces-jointes non compressées, les mails inutiles qu’on envoie et ceux qu’on garde sans raison, le nombre de destinataires, les newsletters que l’on ne lit pas…

Pensez aussi à limiter le stockage externe (cloud), vos impressions papiers et à faire vos mises à jour.

Tous ces comportements peuvent devenir des réflexes si vous les codifiez et les faites rentrer dans les usages courants de votre start-up.

On n’a pas oublié quelque chose ? Ah oui, votre site ! Le label NR vous invite à faire de vos supports de communication la « vitrine » de votre engagement. Pour ça, d’autres labels existent.

Troisième étape : un matériel de travail responsable

Les bons gestes c’est bien, mais les faire avec du bon matériel, c’est mieux. Saviez-vous que « la production d’une voiture représente seulement 20% de son impact environnemental alors que plus de 80% est généré à l’usage » ? Eh bien, « concernant le numérique, c’est exactement l’inverse », nous apprend le site gouvernemental Minum_eco. Cet exemple très parlant suffit à nous faire comprendre l’importance de la durabilité et de la provenance de nos équipements numériques.

Amortir ces 80%, c’est à la fois réduire notre impact environnemental et sociétal. Et malgré l’ampleur de la tâche, des solutions simples existent et sont mises en avant pour l’obtention du label :

  • Privilégier le reconditionné. En plus d’être économique et écologique, c’est un choix socialement qualitatif : on le sait peu, mais ce secteur crée de l’emploi pour des publics précaires
  • Louer son matériel. C’est « acheter l’usage plutôt que le bien ». Et si vous suivez bien, l’usage est moins « coûteuse » écologiquement. Mais aussi économiquement.
  • Réparer plutôt que racheter
  • Des achats responsables : choisir du matériel labellisé ou certifié
  • Développer une politique de tri

Quatrième étape : la promotion, pas au rabais

Maintenant que votre start-up et vous êtes devenus, dans les faits, parfaitement Numérique responsables, l’une des préconisations du référentiel du Label est de passer le relais. On l’a dit, être Numérique Responsable n’est pas qu’une question écologique mais aussi sociétale. Vous êtes donc encouragé à développer des initiatives internes ou externes en faveur de l’accessibilité au numérique des publics les moins bien intégrés. Il peut s’agir des personnes en situation de handicap, des personnes âgées, des jeunes défavorisés ou bien encore des jeunes femmes dont l’accès aux métiers du numérique est encore trop faible.

Vos collaborateurs aussi sont incités à contribuer à un projet d’intérêt général en lien avec le Numérique Responsable. Et s’il pouvait, par exemple, consacrer une part de leur temps de travail à une œuvre de leur choix ? Vous ne seriez plus seulement Numérique Responsable, mais aussi un peu responsable du bien-être de votre start-up.

Pour aller plus loin, la Toolbox Numérique Responsable

Référentiel label Numérique Responsable de l’INR

GR491, le guide de référence de conception responsable de services numériques (INR)  

115 bonnes pratiques de l’éco-conception web (GreenIT.fr, Frédéric Bordage)

Guide bonnes pratiques pour écoconcevoir les services numériques (AFNOR) 

Guide des bonnes pratiques Numérique Responsable pour les organisations (Mission interministérielle numérique responsable)

Moocs sensibilisation aux enjeux du Numérique Responsable, de 30min à 4h30 (INR)

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