myCharlotte, mieux vivre avec son cancer
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myCharlotte, mieux vivre avec son cancer

Le 4 février dernier se tenait la Journée mondiale contre le cancer. Première cause de décès chez l’homme et deuxième chez la femme, cette mobilisation rappelle que beaucoup reste à faire pour lutter contre la maladie.

À cette occasion, nous vous proposons de découvrir ce mois-ci myCharlotte, une start-up Montpelliéraine qui propose une plateforme de soins de supports non médicaux en ligne permettant d’améliorer le mieux -être des patients pendant et après les traitements.

?Le déclic

L’histoire de myCharlotte commence lorsque la vie de Charlotte Mahr bascule.
En 2008 , alors responsable communication du second groupe hôtelier européen , Charlotte apprend qu’elle a un cancer. À peine 6 ans plus tard, second coup d’arrêt, elle récidive.

« J’ai fait l’expérience d’un premier cancer que j’ai plutôt subi, où j’ai suivi le protocole médical énoncé, mais tout en m’efforçant de vivre comme à mon habitude, en restant le plus possible dans “ma” normalité », explique Charlotte. « Mais je n’ai pas mesuré à quel point mon cancer avait un impact, qu’il aurait des conséquences majeures sur ma vie. Et j’ai rencontré des difficultés à retrouver ma place, à retravailler, à supporter le traitement antihormonal, j’ai eu des symptômes dépressifs».

Mais quand quelques années plus tard le diagnostic de la récidive tombe, sa deuxième réaction après le choc se transforme en déclic. « J’ai compris que je pouvais adopter une approche différente des choses. Je suis allée trouver du soutien psychologique, découvrir le yoga postural et la méditation ; j’ai adapté mon activité selon mon ressenti du jour. J’ai pris soin de moi en fait. L’expérience du second cancer a été tellement différente que j’ai souhaité partager cela avec d’autres ».

?myCharlotte, une plateforme de soins de supports non médicaux pour les patients atteints de cancer

Lancée en 2019 à Montpellier par Charlotte Mahr et Grégoire Nédélec, son mari qui l’a accompagnée pendant ses cancers, myCharlotte est une start-up animée par la conviction que vivre avec une maladie qui s’inscrit dans la durée, ne doit pas mettre notre vie entre parenthèses.
Sa plateforme propose un programme de soins de supports digitaux et humains, réalisés par visio conférence. Elle est co-construite avec des patients, des thérapeutes et des scientifiques.

Un volet gratuit, et accessible à tous, propose un parcours guidé qui s’appuie sur une bibliothèque de plus de 200 contenus vidéo et audio d’activités et d’informations : Yoga, Pilates, exercices de respiration, de relaxation ou d’autohypnose. Mais aussi des informations très variées concernant des symptômes ou ressentis qui peuvent survenir dans le cadre d’un traitement contre le cancer : comment prendre soin de ses cicatrices, comment agir contre l’incontinence liée au stress et aux traitements reçus, que faire si des douleurs articulaires surgissent ?
Le patient compose son propre parcours en fonction de ses attentes et de ses besoins . Il suit sa progression et son ressenti au jour le jour, et peut ajuster ses objectifs au fil de l’eau .

Personne ne devrait avoir besoin de deux cancers pour prendre soin de soi et pouvoir découvrir comment on peut intégrer des petites choses à son quotidien pour l’améliorer considérablement

Charlotte Mahr, co-fondatrice mycharlotte

Un second volet propose un parcours accompagné personnalisé, coordonné par un Patient Partenaire en partenariat avec un centre de soins . Le Patient Partenaire, n’est pas un soignant mais une personne qui a fait l’expérience du cancer, et qui a été formée dans le cadre d’un diplôme universitaire pour accompagner d’autres patients. Au même titre que les autres professionnels de soins de support libéraux, ceux-ci sont rémunérés par myCharlotte.

« L’objectif est de pouvoir parler des choses qui l’affectent par rapport à la maladie et peuvent avoir des répercussions sur son quotidien ou dans ses relations », souligne Charlotte. « Le Patient Partenaire est là pour écouter le patient, poser des questions, et ensemble, ils vont construire un programme et un suivi qui lui ressemble ».

Patient et Patient Partenaire se rencontrent une fois par mois. Sur la base de leurs échanges, le Patient Partenaire propose un programme d’activités adapté, accessible partout et à toute heure. Celui-ci peut également être complété par le soutien d’un psychologue, des séances de sophrologie ou des cours collectifs d’activité physique et de yoga.

? Et la suite ?

Si l’on connaît les déserts médicaux, la situation est d’autant plus critique pour les soins de supports non médicaux. Avec actuellement près de 5000 inscrits sur l’offre gratuite et 500 patients accompagnés dans 12 centres partenaires, de tailles et de natures différentes – spécialisés dans le cancer (L’Institut Curie, le Centre Léon Bérard, le Centre Antoine Lacassagne et le Centre Jean Perrin), hôpitaux publics (Hôpital Tenon, Hôpital Henri Mondor, CH Valence, CH Bastia), cliniques (Clinique de l’Orangerie, Centre Cario Santé ), ou encore des associations, la start-up poursuit son déploiement pour répondre à une demande forte des patients et des médecins.

Des prises en charge diverses permettent également de tester la solution dans des environnements différents. Ainsi myCharlotte compte se développer dans d’autres pathologies chroniques .

En parallèle, les équipes continuent de faire évoluer la plateforme, autant dans la variété des capsules vidéo et audio, que dans sa capacité à proposer du contenu en fonction d’une analyse plus fine du ressenti du patient.

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