Axibio, recycler ses déchets alimentaires au plus proche de chez soi
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Axibio, recycler ses déchets alimentaires au plus proche de chez soi

Si l’on a désormais pour habitude de trier nos déchets entre la poubelle grise, jaune et le verre, le tri des déchets alimentaires est beaucoup moins démocratisé en France. Et chaque  année, ce sont près de 12 millions de tonnes de biodéchets qui sont générés dans notre pays.

Des solutions de compost se développent, mais sont encore trop confidentielles et peu élargies à l’échelle d’une commune. Or d’ici fin 2023, les collectivités devront mettre à disposition de chaque citoyen, une solution lui permettant de ne pas jeter ses biodéchets dans les ordures ménagères. Ces mêmes biodéchets devront également faire l’objet d’une valorisation par méthanisation ou compostage et non par stockage en décharge ou incinération. Pour accompagner tous les acteurs dans cette transition écologique, lumière sur Axibio, une start-up francilienne qui conçoit un système global de collecte et de tri pour valoriser les déchets alimentaires en circuit court.

💡 Le déclic

L’histoire d’Axibio démarre en 2015, sur fond d’un désir grandissant d’entreprendre et de quête de sens dans sa vie professionnelle. Pierre-André Galy alors salarié de plusieurs grands groupes industriels se sensibilise aux problématiques énergétiques, et notamment à la question du biogaz. Voulant donner un nouveau souffle à sa carrière, il décide de se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat. « J’avais quarante ans passés, avec des expériences au sein de grands groupes. Les questions environnementales étaient également de plus en plus présentes, c’était pour moi essentiel de devoir marier sens et business », explique Pierre-André Galy.

Très vite, il fait la rencontre Marc Eyraud qui venait lui aussi de quitter son poste avec une solide expertise dans la gestion de déchets. Ensemble, ils décident de s’associer pour tenter quelque chose dans le domaine des déchets et de l’économie circulaire.

L’aventure commence donc dans le garage de Marc Eyraud avec la limite que si quelque chose ne sort pas rapidement, ce sera la fin de l’histoire et le retour au bureau. Aujourd’hui, Axibio travaille aussi bien avec des collectivités locales que des acteurs de la restauration collective pour recycler et valoriser ces déchets alimentaires encore trop souvent jetés dans nos poubelles grises.

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🚀Un maillon essentiel dans la mise en conformité sur la gestion des biodéchets 

Axibio propose une solution complète comprenant la collecte, le tri, le recyclage, le suivi et le traitement de déchets alimentaires, en vue de les transformer en énergie  (biométhane, électricité, chaleur) ou encore en compost.

Elle se compose de plusieurs briques, pouvant se combiner entre elles :

✔️La Gaiabox, un point d’apport volontaire connecté 

Dédié à la collecte des ménages et des « petits producteurs » de déchets organiques alimentaires (commerçants, restaurants, écoles…), ces équipements se positionnent sur la voirie sans travaux de génie civil. Ils peuvent être dotés d’un contrôle d’accès simple alimenté par des batteries. Ils peuvent être également embarquer un système de pesée embarquée fonctionnant à l’énergie solaire.

Dans ce cas de figure, la Gaïabox enregistre le poids des biodéchets déposé par chaque administré et de restituer, sur des portails web, via le cloud, des informations détaillées à destination des collectivités locales, mais aussi des usagers. Le portail permet de consulter la cartographie des implantations des GaïaBox sur le territoire, le niveau de remplissage (en poids) des points d’apport volontaire, les tonnages collectés de manière hebdomadaire, mensuelle ou annuelles par Gaïabox et collectivités, d’avoir des équivalences énergétiques (biométhane) et/ou agronomiques (compost) par Gaïabox et collectivités par mois et par an, un historique des collectes sur 2 ans, des pages de synthèse pour tous les administrés (sur 2 ans), une comptabilité environnementale par usager.

✔️La GaiaPro, conteneur intelligent et connecté

Destiné aux producteurs de biodéchets comme les cantines, services de restauration des hôpitaux, d’entreprises, également connectée à une plateforme web, elle permet aux gestionnaires de restauration de monitorer leur gaspillage alimentaire, de suivre leurs collectes et de la valorisation de leurs biodéchets sous forme de biométhane ou de fertilisants organiques. Autant d’informations qui pourront être communiquées pour prouver ses engagements environnementaux.

✔️Le Bioséparateur

Dédié à la préparation des biodéchets en vue de leur valorisation, il permet d’écarter les erreurs de tri présentes dans les gisements issus de la collecte des biodéchets et de déconditionner les flux emballés provenant de la GMS ; d’une implantation très simple et d’une capacité de traitement de 3 à 5 m3 heure (environ 3000 t/an), il permet d’obtenir une matière organique compatible avec les normes en vigueur pour les intrants utilisés par le compostage ou la méthanisation.

Axibio propose une solution qui s’engage pour les territoires. L’organisation en en circuit court que propose l’entreprise ouvre une autre voie au traitement des biodéchets et permet aux communes de faciliter leur mise en conformité avec les prochaines directives européennes. Si une telle solution doit être mise en place d’ici fin 2023 pour tous les citoyens européens, les professionnels générant plus de 10 tonnes de biodéchets/an, type restauration collective, doivent déjà trier leurs biodéchets et les envoyer dans des filières de valorisation organique et ce depuis le 1er janvier 2016 déjà.

Les déchets organiques sont une ressource encore trop peu exploitée quand on sait que 100m3 de biométhane représente 1000 km en voiture. Avec la solution Axibio, on peut les transformer en biogaz, ou engrais organiques riches en nutriments, tout en démontrant sa mise en conformité environnementale

Pierre-André Galy, Président d’Axibio

🔥 Et la suite

Modulable et complémentaire, le système Axibio peut se combiner à différentes configurations. La start-up a déjà de solides références, notamment avec les lycées Jeanne d’Arc et Saint-Ivy à Pontivy ou encore avec la ville de Locminé en Bretagne, où elle a su réunir et engager élus, citoyens, un méthaniseur pour valoriser les déchets collectés et triés et un distributeur de biogaz. « Axibio fait le lien entre les acteurs qui produisent des biodéchets et ceux qui les valorisent » ajoute Pierre-André Galy. « L’objectif est maintenant de créer des boucles, en local, entre les habitants, les établissements scolaires et de santé d’une même collectivité. Avec pour tous ces acteurs, la possibilité de suivre de manière fiable la quantité recyclée et de se fédérer autour de ce projet. »

Axibio propose de donner autant d’attention dans la mesure de ses déchets comme l’on peut le faire pour sa consommation d’électricité ou de gaz, de mesurer leur impact et de suivre ce qu’ils deviennent.

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