Produire son objet connecté en France : le choix de la raison ?
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Start-up attitude

Produire son objet connecté en France : le choix de la raison ?

La France, terre de production pour les objets connectés ? Pas encore, même si un certain nombre de start-up ont fait le choix de produire dans l’Hexagone. C’est notamment le cas de la start-up e-TakesCare, qui en explique les raisons.

Pour Antonin Bougerol, la proximité « est un critère important ». Il est à la tête de la start-up e-TakesCare, lauréate du concours French IoT en 2016 grâce à Tucky, un thermomètre connecté et moniteur de position pour les enfants en bas âge. Ce petit objet permet entre autres aux parents de suivre à distance l’évolution d’un épisode de fièvre sans déranger l’enfant, ni les parents.

Pour le produire, le jeune entrepreneur n’a justement pas voulu trop s’éloigner de son « bébé », commercialisé depuis fin 2016 en France et en Espagne, et a ainsi choisi un partenaire basé en région Pays de la Loire.

« Nous avons choisi de produire en France d’abord en raison des contraintes de qualité et de certification médicales, explique Antonin Bougerol. L’un des critères d’obtention est la maîtrise parfaite de toute la production, ce qui concerne donc aussi notre fournisseur. » Tucky entend effectivement informer en temps réel sur la santé de l’enfant, une source constante de stress pour nombre de parents.

Certifié ISO13485 -la norme relative aux dispositifs médicaux-, l’objet est ainsi vendu en pharmacies et dans les enseignes de puériculture.

Une meilleure maîtrise du volume de production

Basée à Versailles (Yvelines), e-TakesCare a eu le choix, comme toutes les start-up, de produire loin de France. « On a toujours le choix, confirme son dirigeant, mais les contraintes du secteur médical font que l’on doit pouvoir auditer facilement son fournisseur. Et c’est plus simple à faire en France qu’en Chine. »

Entre la région parisienne et les bords de Loire, le prix du trajet n’est pas le même qu’entre Paris et le bout de l’Europe (sans parler du bout du monde). Ce qui permet à Antonin Bougerol de rendre visite à son unité de production « assez régulièrement, nous y allons de toute manière dès qu’on le souhaite », chez un fournisseur que la société a rencontré grâce « aux précédentes expériences dans l’industrie aéronautique » de son jeune patron.

Un objet connecté de petite taille, comme Tucky, n’est pas non plus une voiture. Il nécessite bien moins de main d’œuvre dans sa fabrication et fait appel, en grande partie, à des pièces pouvant être créées sans intervention humaine. Petit aussi est le volume de production, au départ, d’un objet connecté innovant. Là aussi, le « made in France » a du bon. Antonin Bougerol n’en dit pas moins : « On ne va pas aller jusqu’en Chine pour produire de petits volumes. La production ‘locale’ permet elle de commencer sur un petit volume qui va pouvoir grossir tranquillement par la suite. »

Enfin, là où le « made in France » a aussi du bon, selon le dirigeant de la start-up, c’est sur l’emballage du produit. « Le consommateur est très sensible à cette notion de made in France et est souvent surpris que de l’électronique puisse encore être fabriqué ici. »

Pour l’heure, e-TakesCare déplore « un taux de retour produit très faible ». Signe pour Antonin Bougerol « que l’on a raison de se positionner sur [sa] qualité ». Un autre avantage, pense-t-il, de la production en France.

Benjamin Hay – DR eTakesCare

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