Pourquoi des start-up retournent au CES de Las Vegas
Start-up attitude

Pourquoi des start-up retournent au CES de Las Vegas

A compter de lundi, la nouvelle édition du Consumer electronics show (CES) ouvre ses portes, avec, comme chaque année, une importante délégation française (381 start-up en 2019, soit un quart de l’Eureka Park). Parmi eux, des jeunes pousses déjà rodées qui reviennent avec des ambitions bien précises.

Arpenter les allées du CES, certains entrepreneurs en rêvent. D’autres en connaissent déjà les moindres recoins, comme Jérémy Neyrou, président et cofondateur d’Icare Technologies, qui a déjà trois virées à Las Vegas au compteur et prépare la quatrième. « Chaque passage correspond à une étape différente du développement de notre projet. En 2017, nous étions en plein apprentissage du métier d’entrepreneur. Cette fois-ci, nous amorçons la commercialisation de notre produit », raconte le jeune homme. Au printemps 2020, la start-up basée en Corse, lauréate du concours French IoT en 2016, devrait en effet livrer les premiers exemplaires de sa bague connecté Aeklys.

Chercher la France… aux États-Unis

Cela peut sembler paradoxal, pourtant, toutes les start-up qui reviennent au CES le disent : Las Vegas est le meilleur endroit du monde… pour rencontrer des Français. « Il y a un rythme, un timing propre au salon qui fait que les dirigeants qui viennent ici sont disponibles. À cette époque de l’année, ils n’ont pas de business en France et sont donc complètement à l’écoute de ce qu’on leur propose », explique Maxence Chotard, président et fondateur d’Eisox (lauréate du concours French IoT en 2017). La solution d’efficacité énergétique qu’il propose (une tête thermostatique pour professionnels dont les capteurs permettent d’économiser jusqu’à 77% de chauffage) a ainsi séduit Engie ou la SNCF pendant le CES.

Même son de cloche chez Jérémy Neyrou : « Le CES est le salon de référence pour l’innovation et les objets connectés, les grands groupes sont donc obligés d’y être. Pour nous, c’est le meilleur moyen de rencontrer des personnes difficiles à voir en France. » En termes de business, les semaines qui suivent le salon sont d’ailleurs aussi importantes que les trois journées intenses passées dans le Nevada.

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Revenir avec un objectif

On aurait donc tort, visiblement, de penser que les start-up qui retournent au CES le font pour prouver qu’elles existent toujours. « On n’en est pas à ce stade, même si ça peut parfois être le cas de certains », lance Jérémy Neyrou.

Le plus souvent, le retour au CES est une occasion d’annoncer une évolution ou de cibler un marché spécifique. « Pour nous, 2020 est l’occasion de présenter une nouvelle interface du produit. Mais ce sera aussi le moment de poser les jalons pour un autre objectif à long terme : l’attaque du marché européen », confirme Maxence Chotard.

Saisir les opportunités

Si la première fois au CES est souvent empreinte d’émerveillement, elle n’est pas toujours génératrice de business. « Quand nous sommes venus avec La Poste en 2017, nous n’étions pas très avancés dans le projet. Nous cherchions à faire de la veille technologique, à prendre des contacts, sans forcément entrevoir le potentiel de l’évènement », se souvient Jérémy Neyrou. Revenir, c’est donc s’offrir la possibilité de mieux saisir les opportunités en ne refaisant pas les mêmes erreurs.

« La première chose à faire, c’est de prendre des rendez-vous en amont, ce qu’on ne fait pas forcément la première fois, sauf lorsqu’on est bien accompagné. Dans un espace comme le CES, vous pouvez vite être submergé. C’est pour cela que, plus vous y aller, plus le bénéfice que vous en tirez est grand », souligne Maxence Chotard. Les deux start-up ont donc un planning déjà bien rempli et embarqueront toutes les deux dans les valises du réseau d’accélérateurs Le Village by CA.

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French IoT – Illustration Shutterstock.com

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