Le colis va-t-il faire sa révolution ?
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Le colis va-t-il faire sa révolution ?

Porté par l’essor du e-commerce, le marché de la livraison de colis connait une progression constante (+8% entre 2012 et 2016 selon l’Arcep), mais reste confronté à des problèmes de fiabilité et d’impact environnemental. Des enjeux auxquels le numérique peut apporter des réponses.

À l’approche du « Black Friday » et des premières courses de Noël, les géants du e-commerce sont dans les starting-blocks. Et pour cause : en une journée l’an dernier, l’évènement a généré cinquante millions de transactions et un milliard d’euros de chiffre d’affaires. Plusieurs milliers de colis vont donc quitter les entrepôts avec, comme souvent, les mêmes questions : comment recycler ces tonnes de cartons et améliorer une expérience client (colis endommagé, perdu ou retourné au site marchand) parfois complexe ?

Lancée en 2016, la start-up Living Packets travaille sur une solution qui réponde à la fois aux exigences des commerçants et des clients. Le fruit de ce travail s’appelle The Box et pourrait bien révolutionner la façon de distribuer les colis. Elle a d’ailleurs été récompensée dernièrement d’un prestigieux CES innovation award.

La livraison en free floating

Pour Stéphane Lerays, responsable commercial chez Living Packets, la problématique est d’abord environnementale. « Le verdissement de la chaîne logistique est devenu un enjeu central pour toutes les plateformes de e-commerce. Et, si les acteurs du secteur y sont sensibles, c’est d’abord parce que les clients le demandent », explique-t-il. Selon la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad), les 39 millions de Français adeptes de l’achat en ligne effectuent en moyenne une quarantaine de transactions par an. Soit autant de colis à jeter, sans être certain qu’ils soient bien recyclés.

Le colis connecté proposé par la start-up nantaise se présente donc d’abord comme une solution « green », car réutilisable. Avec sa batterie, The Box peut en effet réaliser au moins un millier de trajets et son déploiement s’appuie sur le modèle du free floating. « L’idée est de minimiser les retours chez le premier utilisateur afin de permettre au paquet de circuler entre les acheteurs. Une fois qu’il a récupéré son colis, le client final peut s’en servir et le remettre sur le circuit en ayant recours, par exemple, à une marketplace », poursuit Stéphan Lerays. Pour s’assurer que le colis ne reste pas bloqué à un endroit, Living Packets prévoit d’offrir des récompenses aux envoyeurs. La start-up envisage aussi un système de point relais, chez qui l’utilisateur peut déposer sa boîte.

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Un million de Box en 2020 ?

Autre avantage du système, un simple clic permet de renvoyer le colis si la marchandise ne convient pas. De quoi améliorer considérablement l’expérience, pour l’utilisateur comme pour le commerçant. Car The Box est remplie de capteurs (poids de la marchandise, température, chocs) qui permettent une surveillance du produit à toutes les étapes. « La technologie créé une sécurité pour le client comme pour le vendeur. En ciblant les responsabilités, notre système réduit considérablement les pertes et les litiges qui vont avec », analyse Stéphan Lerays.

Pensé pour le secteur du e-commerce et ses nouveaux usages, The Box n’est pour l’instant développée qu’en un seul format qui couvre environ 75% du catalogue d’une plateforme de vente en ligne. Pour le rentabiliser, Living Packets a choisi de vendre le service généré par la boîte plutôt que le produit lui-même. « La Box coûte 100 fois plus cher à produire, mais, utilisée 1 000 fois, elle revient 10 fois moins cher qu’un carton », affirme Stéphan Lerays. À chaque utilisation, l’envoyeur s’acquitte donc d’un tarif basé sur le prix minimum d’un colis traditionnel.

Après plusieurs tests auprès de partenaires comme Orange, Cdiscount et Chronopost, la V2 du colis connecté devrait faire l’objet de derniers ajustements avant d’entrer en phase industrielle. Avec un objectif clair : produire un million de Box en 2020.

French IoT – Illustration Living Packets

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