EdTech : les technologies connectées font leur rentrée
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EdTech : les technologies connectées font leur rentrée

Au collège comme au lycée, les nouvelles technologies sont de plus en plus présentes pour faciliter le travail des enseignants et l’apprentissage des élèves. Tour d’horizon de ce que la EdTech propose déjà dans le secondaire en France.

C’est, au départ, la rencontre de deux mondes, pas si lointains. Le terme de « EdTech » est en effet la contraction entre « éducation » et « technologie ». Il représente l’ensemble des innovations connectées à Internet (plateformes, applications, objets…) qui favorisent l’apprentissage. Tant du côté de l’enseignant que de l’élève. Tant au niveau scolaire que de la formation post-bac, qu’elle soit universitaire ou non.

Si l’expression est de plus en plus utilisée, c’est parce que nombre de grandes entreprises du secteur et -surtout- de start-up se sont intéressées ces dernières années aux meilleures façons de faire progresser la sphère éducative à l’aide des nouveaux outils à leur disposition (intelligence artificielle, réseaux sociaux…).

Du manuel papier à la tablette numérique

La rentrée 2019-2020 verra l’arrivée d’une nouveauté en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les lycées qui le souhaitent, parmi les 183 établissements que compte la région, proposeront des tablettes numériques à leurs élèves, en remplacement des traditionnels manuels scolaires, format papier. Une initiative votée par les élus régionaux mi-mars. « Il faut avancer avec son temps. Cela va diminuer le poids des cartables et les mises à jour des manuels seront plus rapides« , indiquait récemment Véronique Marino, proviseur du lycée Apollinaire à Nice, interrogée par France 3.

Une démarche semblable a été initiée en Île-de-France. Au printemps, l’ensemble des lycées de la région ont été appelés à se prononcer sur le passage -ou non- du manuel papier au manuel numérique. Résultat : 42% des lycées généraux et technologiques, représentant quelque 180 000 élèves pour 20 000 enseignants, ont opté pour le second choix.

Ce sont ainsi 160 000 tablettes qui seront distribuées dans les lycées dès septembre (140 000 pour les élèves, le reste pour les professeurs), en plus de 37 000 ordinateurs.

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Tableau blanc interactif

Dans l’ensemble, les Français semblent plutôt bien accueillir l’arrivée des outils numériques dans les salles de classe, un mouvement initié dès 2016. Selon un sondage Odoxa pour Saegus, Microsoft, BFM Business, L’Usine nouvelle, Stratégies et 01.net, publié en septembre 2018, 80% d’entre eux se disent « favorables » à ce que les outils numériques « soient utilisés à l’école pour différents enseignements, informatiques ou non ».

L’innovation dans les salles de cours ne se limite pas aux manuels numérisés. La dernière entreprise française spécialisée dans les tableaux scolaires, Ulmann, se positionne en effet depuis quelques temps sur le créneau du tableau éducatif numérique, comme le soulignait France Bleu au début de l’été. Ce sont aussi les espaces numériques de travail (ENT), développés depuis une dizaine d’années, qui permettent le partage en ligne, à l’image d’un cloud, de documents (cours, relevés de notes, informations diverses…) entre l’administration de l’établissement, le corps enseignant et les élèves.

Un marché à près de 100 millions d’euros

Toute la EdTech ne prend pas forme entre les murs de l’école. Un grand nombre de services connectés sont désormais utilisés par les collégiens et lycéens à la maison. Cela va de l’utilisation de YouTube pour réviser aux applis et sites comme Digischool, le champion français en la matière.

L’écosystème EdTech en France, qui grandit petit à petit, compterait environ 200 start-up. Dernièrement, c’est 360Learning, qui aide les entreprises à créer leurs propres modules de formation, qui a levé pour 41 millions de dollars de fonds ! Selon une étude menée par la Banque des territoires à l’été 2017, le marché des services et des ressources EdTech, en France, pesait alors pour 89 millions d’euros. Dans un environnement où même le mythique cahier de vacances s’est numérisé (dès 2012 chez Hachette).

Rappelons enfin que la « stratégie numérique » du gouvernement comporte un plan, dévoilé l’an dernier, intitulé « Le numérique au service de l’école de la confiance ». Il y était fait état, entre autres, des avancées pour l’éducation que pouvaient générer l’intelligence artificielle, les objets connectés (qui « vont enrichir et renouveler considérablement les modalités d’apprentissage », selon le ministère de l’Éducation nationale), les réalités augmentée et virtuelle ou encore la technologie blockchain.

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French IoT – Illustration © David – Fotolia.com

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