2020, année du Deeptech Tour
Avis d'expert

2020, année du Deeptech Tour

Faire en sorte que chercheurs et entrepreneurs en Deeptech puissent plus facilement se rencontrer et échanger : telle est la mission que s’est fixée Bpifrance. Pour ce faire, la banque de l’entrepreneuriat a lancé le Deeptech Tour, qui parcourt la France académique depuis septembre dernier.

Chef de projet Deeptech Tour, Lola Laurent revient sur les origines de cette tournée des campus, qui fera étape dans une vingtaine de villes françaises d’ici mai 2020 :

French IoT : Qui organise le Deeptech Tour ? De quoi s’agit-il ?

Lola Laurent : C’est une tournée d’événements à l’initiative de Bpifrance, dans le cadre de ses activités en rapport avec le plan Deeptech. L’objectif de cette tournée est de passer dans les universités, afin de créer des ponts entre le monde de la recherche et les start-up. Nous voulons également favoriser une dynamique Deeptech au niveau local. La « Deeptech » (pour « deep technology », car les start-up qui s’en revendiquent utilisent des technologies high-tech à fort investissement en R&D, NDLR) reste un concept encore nouveau. Le plan Deeptech a d’ailleurs tout juste un an. Au final, le Deeptech Tour aide Bpifrance à mieux comprendre l’écosystème, tout en aidant celui-ci à renforcer ses liens avec les universités et les chercheurs.

Fr.IoT : Qui est concerné ?

L.L. : En premier lieu les doctorants, post-doctorants, chercheurs, directeurs de laboratoires, étudiants d’écoles doctorales, d’ingénieur, ou de commerce… Mais aussi les entrepreneurs qui s’intéressent à la Deeptech et qui sont en recherche de technologies. Et enfin l’écosystème habituellement tagué « innovation » : incubateurs, accélérateurs, communautés French Tech locales… Le but final est d’encourager l’entrepreneuriat Deeptech. Si un chercheur travaille sur un projet qui a des cas d’usage pertinents dans le monde réel, il faut pouvoir faire passer ces travaux du laboratoire jusqu’au marché. Il faut déconstruire certaines idées reçues sur l’entrepreneuriat qui sont encore fortement ancrées dans le monde académique.

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« De très belles entreprises de Deeptech sont nées en province »

Fr.IoT : Comment les villes-étapes du Deeptech Tour ont-elles été choisies ?

L.L. : Nous avons démarré avec les grands pôles académiques où la Deeptech a un fort ancrage, comme Grenoble, ville avec laquelle nous avons inauguré le Deeptech Tour le 19 septembre dernier. Depuis, de nombreuses universités nous contactent afin d’organiser une étape du Deeptech Tour. Au total, nous avons déjà dix-huit dates jusqu’en mai (la prochaine à Saclay, le 10 février, NDR). D’autres étapes devraient encore s’ajouter à ce programme. Toutes ces villes et leurs écosystèmes bougent beaucoup, et nous réunissons à chaque fois entre 200 et 400 personnes.

Fr.IoT : Le programme est-il similaire pour chaque ville-étape ?

L.L. : Nous proposons un format d’une demi-journée, avec une session plénière, où interviennent notamment des chercheurs qui ont développé un projet d’entrepreneuriat. Il y a ensuite une série d’ateliers, qui visent un public plus restreint qui souhaite passer à une phase opérationnelle. Quant au contenu, il est construit par un comité d’organisation au niveau local, avec l’université qui nous accueille, et tous les acteurs locaux de l’innovation qui nous semblent pertinents quand on parle d’accompagnement Deeptech. Il est spécifique pour chaque ville, les workshops résonnent de thématiques propres au tissu local et les intervenants changent systématiquement d’une étape à l’autre.

Fr.IoT : A l’heure de la globalisation, l’échelon local peut-il redevenir un maillon important de la chaîne ?

L.L. : Tout ne se passe pas à Paris ! Même si on a eu tendance à le penser en ce qui concerne l’économie numérique. En réalité, les centres de recherches sont implantés dans toute la France. Et l’innovation sort précisément de ces centres de recherche. Il est donc important de comprendre comment fonctionnent ces écosystèmes, qui animent l’innovation sur place ; quelles sont les interactions entre universités, laboratoire, et entrepreneuriat. Car il y a effectivement quelques très belles entreprises de Deeptech qui sont nées en province.

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French IoT – Illustration Shutterstock.com

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