Les nouveaux concepts de l’économie collaborative
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Les nouveaux concepts de l’économie collaborative

L’économie collaborative s’est développée ces dernières années grâce à Internet, aux applications, et aux objets connectés. Née de l’émergence d’une autre manière de consommer, elle est désormais inscrite dans le quotidien des nouvelles générations, même si elle n’a pour l’instant pas connu de phénomène de massification.

Apparue dans les années 1970, parallèlement au développement d’une économie de l’offre, l’hyper-consommation repose sur un principe en trois points : acheter, consommer, jeter. A l’inverse, l’économie collaborative -ou économie du partage- va plutôt chercher à réparer, donner, prêter, louer, troquer, revendre, échanger…

Cette nouvelle philosophie de la consommation, théorisée au début des années 2000, séduit aujourd’hui particulièrement les jeunes actifs issus des classes moyennes, en particulier ceux nés avec le numérique. Elle ne trouve pas forcément ses fondements dans le besoin de faire des économies, mais plutôt dans celui d’opter pour un mode de vie et de consommation plus en adéquation avec les enjeux sociaux et éventuellement environnementaux d’aujourd’hui et de demain.

« Au cours des dix dernières années, les deux facteurs les plus visibles du changement des modes de consommation ont été le e-commerce, qui a déjà 20 ans et qui n’est donc plus une nouveauté, et la consommation collaborative du type AirBnb », expliquait Philippe Moati, professeur d’économie à l’université Paris-Diderot et co-président de l’Obsoco (Observatoire société et consommation), dans une interview au journal L’Essor. « Ces deux évolutions n’ont toutefois pas le même poids. La consommation collaborative est plutôt périphérique. Elle dit des choses très intéressantes sur le plan sociologique, mais ne bouleverse pas les équilibres économiques ».

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AirBnb, un succès solitaire ?

En effet, force est de constater que le partage d’objets, leur location, ou encore leur réparation restent des comportements marginaux, puisqu’à peine un Français sur dix les a adoptés, selon une étude récente réalisée par l’Obsoco. Une situation qui pourrait évoluer à la marge, notamment par le biais d’une meilleure communication.

Comme l’expliquait son co-président dans les colonnes du Figaro début octobre, « on peut insister sur les bénéfices environnementaux de ces pratiques de l’économie circulaire, surtout pour la location. Pour ceux qui restent peu sensibles à ces arguments, insistons sur des bénéfices plus consuméristes : rentabilité et côté « bonne affaire«  de l’achat d’occasion, carotte financière pour ceux qui se montrent les plus vertueux… ». En revanche, l’achat ou la vente de produits d’occasion rencontre un véritable succès, avec 60% des sondés déclarant avoir acquis des objets d’occasion (livre, DVD, vêtement, meuble, jouet…) et 50% en avoir vendu.

Avec des sites comme Le Bon coin, Rakuten, ou encore eBay comme têtes de pont du mouvement dans l’Hexagone. Mais il existe surtout un acteur de l’économie collaborative qui connaît un immense succès : AirBnb, fondé en 2008. Là aussi, l’idée de départ est simple, un moyen d’arrondir ses fins de mois. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette petite idée a fait son chemin, s’imposant même à l’ensemble de la planète, et devenant la forme d’économie collaborative la plus développée.

Le succès d’AirBnb a en tout cas fait des petits, comme par exemple Drivy ou TooGoodToGo. Des sites internet et des applications mobiles qui rencontrent un succès immense auprès de la plus jeune génération, celle des millenials. Et qui semblent être en mesure d’assurer l’avenir de l’idée-même d’économie collaborative.

French IoT – Illustration Shutterstock.com

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