Comment l’IoT fait évoluer le football
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Comment l’IoT fait évoluer le football

Le sport le plus populaire au monde n’échappe pas à la vague des objets connectés. A quelques heures du coup d’envoi de la Coupe du monde de la Fifa, zoom sur quelques solutions innovantes qui tendent à améliorer le monde du ballon rond.

Dans un sport où les intérêts financiers sont de plus en plus importants et où les joueurs s’échangent pour plusieurs dizaines de millions d’euros, il n’y a que peu de place pour l’erreur.

Depuis la fin des années 1990, les objets connectés ont fait leur apparition dans le football, avec une promesse : améliorer la performance du joueur et réduire les erreurs d’arbitrage.

Avec des exemples probants comme celui de Manchester City qui, en 2012, a mis fin à une série de 22 matches sans marquer sur corner, après l’analyse des données de 400 buts. En football, l’avenir est donc dans l’IoT, comme le montrent les objets suivants :

Une montre connectée pour les arbitres

Déjà très impliquée dans le monde du football et partenaire officiel de la Coupe du monde 2018, la marque Hublot lance, à cette occasion, la première montre connectée entièrement dédiée à ce sport.

Le modèle « Referee » (« arbitre », en anglais) de la gamme Big Bang, se destine à la fois aux spectateurs et aux arbitres. Côté tribune, la montre affiche en temps réel les statistiques des matches en cours et vibre à chaque but marqué dans une autre rencontre se déroulant en même temps. Côté terrain, la version conçue spécialement pour les arbitres de la compétition sera connectée à la fameuse « Goal line technology » (voir plus bas). Les fans devront tout de même débourser un peu plus de 5 000 euros pour acquérir ce bijou, produit en édition limitée.

Des ballons intelligents

Pas de ballon, pas de football. Les chercheurs et les équipementiers se sont donc lancés, très tôt, dans la conception de modèles embarquant de la technologie capable de décortiquer le jeu.

Dès 2014, Adidas a proposé son « smart ball », appelé miCoach. Associé à une application pour smartphone, il permet d’analyser tous les paramètres de la frappe de balle : rotation, puissance et trajectoire. Depuis, d’autres comme l’Américain Dribbleup (truffé de capteurs optiques pour analyser le toucher et la conduite de balle) sont arrivés sur le marché et espèrent s’y imposer.

>>> Lire aussi : Pourquoi le vélo va devenir un objet connecté

Les crampons connectés

Adidas semble être particulièrement attentif à l’évolution du football connecté. Outre le ballon intelligent, la marque aux trois bandes a conçu le Speed Cell, un capteur inséré dans la semelle des chaussures qui collecte les données physiques du joueur comme la vitesse des sprints ou la distance parcourue.

Vendue seule ou intégrée dans certains modèles (la F50), cette technologie ne semble pas encore avoir conquis les foules puisque le dispositif n’est plus disponible pour l’instant.

Plus ludique et destiné au grand public, Zepp, société spécialisé dans les trackers pour tous les sports, commercialise une chaussette connectée qui engrange les statistiques tandis que l’application reliée permet de réaliser des vidéos des moments clés du match avec un smartphone. En attendant, peut-être, un protège-tibia qui détecte les simulations ?

Les trackers professionnels

Pionniers dans l’utilisation des données en sport professionnel (au début des années 2000, Billy Beane a mené la modeste équipe de baseball d’Oakland vers les playoffs en utilisant l’approche « sabermétrique » des statistiques de joueurs), les Américains se sont largement appropriés les trackers afin d’améliorer les résultats.

Depuis quelques années, les plus grandes équipes européennes de football (FC Barcelone, Manchester United, etc.) ont adopté le Viper Pod. Ce capteur discret, inséré dans un gilet, analyse les déplacements du joueur et fournit toutes les données sur sa performance en temps réel (rythme cardiaque, vitesse, etc.), que ce soit en match ou à l’entraînement.

Côté français, la start-up Goal Time commercialise un capteur porté sur la cheville qui collecte mouvements et réseaux de passes, afin d’affiner l’analyse tactique du match.

La « Goal line technology »

Depuis les premières expérimentations lors de la coupe du monde 2014, il ne se passe pas une saison sans polémique autour de la fiabilité de la fameuse « Goal line technology ».

Cette technologie novatrice, qui quadrille la zone de but avec 14 caméras afin de définir si le ballon a franchi ou non la ligne, est pourtant censée faciliter le travail de l’arbitre en établissant avec certitude la validité de certains buts.

En attendant, la technologie développée par les Allemands de Goal Control sera encore utilisée lors de la prochaine Coupe du monde, en Russie. En espérant qu’elle continue à porter chance aux Français qui ont été les premiers à bénéficier de ce dispositif contre le Honduras, lors du Mondial 2014.

Des applications pour les spectateurs

Côté tribune, l’IoT promet d’augmenter l’expérience des spectateurs. Fini l’angoisse de rater un but ou d’être mal placé pour voir les meilleures actions. Pour se ravitailler en cours de match, Digifood propose de commander son sandwich ou sa boisson, de payer en ligne et de se faire livrer à sa place en quelques clics.

Dans un autre registre, Vogo affiche sur un smartphone les images des caméras présentes sur le stade, afin de voir ou revoir les actions, comme si vous étiez au plus près du terrain. Seule contrainte, pour l’instant, ces deux applis ne fonctionnent que dans certaines enceintes partenaires (Allianz Riviera, à Nice, Stade de France, etc.).

Avec les stades connectés, l’expérience ne s’arrête d’ailleurs pas au match. Au Parc OL, à Lyon, plus de 250 caméras vidéos analysent les flux de spectateurs afin d’orienter le public connecté aux applications « maison » vers les entrées ou sorties les moins encombrées. Et, à Nice, on les incite à décaler leur départ en leur proposant des offres promotionnelles.

Romain Carlioz – Illustration Pixabay.com

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